February 27, 2018
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Éliminons la discrimination salariale

Les femmes ne devraient pas gagner moins que les hommes, mais l’écart salarial entre les sexes n’a pas été réduit depuis des décennies. En fait, il s’élargit dans bien des cas.

C’est une question de justice économique pour les femmes

Au Canada, les femmes gagnent moins que les hommes qui accomplissent un travail de valeur égale. Il en est ainsi indépendamment du degré de scolarité des femmes et du fait qu’elles travaillent à plein temps ou à temps partiel. La discrimination salariale existe parce que le travail traditionnellement accompli par les femmes – par exemple dans les professions de prestations de soins – a toujours été sous-estimé par rapport au travail traditionnellement dominé par les hommes. Il s’ensuit que les femmes gagnent moins que les hommes pendant leur vie active et qu’elles sont plus susceptibles de vivre dans la pauvreté et de prendre leur retraite dans la pauvreté.

La discrimination salariale est réelle

Les statistiques ne mentent pas, et elles sont aberrantes. En 2019, les femmes gagnent 32 % de moins que les hommes. Or, l’écart salarial entre les sexes est encore plus grand dans certains cas. Voici en moyenne les écarts entre différents groupes de femmes et les hommes blancs nés au Canada :

  • Les femmes racialisées gagnent 40 % de moins.
  • Les femmes autochtones gagnent 45 % de moins.
  • Les femmes immigrantes gagnent 55 % de moins.
  • Les femmes ayant un handicap gagnent 56 % de moins.

En 2004, un groupe de travail national sur l’équité salariale a tracé une approche proactive à suivre pour éliminer la discrimination salariale à l’égard des femmes au Canada. Depuis, les syndicats et les organisations féministes n’ont pas cessé de réclamer la mise en œuvre des recommandations de ce groupe de travail. Les régimes proactifs d’équité salariale établis dans plusieurs provinces – dont les plus notables sont ceux de l’Ontario et du Québec – illustrent bien ce qu’il est possible d’atteindre, et ce qu’il faut éviter.

Nous pouvons éliminer la discrimination salariale

En décembre 2018, soit quatorze ans après la publication du rapport du Groupe de travail, l’équité salariale est assujettie à une loi.

La Loi sur l’équité salariale exige que les employeurs des secteurs privé et public relevant de la compétence fédérale prennent des mesures pour voir à ce que différents emplois soient comparés selon leur valeur en milieu de travail et à ce que celle-ci soit jugée aux compétences, à l’effort, à la responsabilité et aux conditions de travail afin que la discrimination fondée sur le sexe ne soit plus possible.

La Loi exige que les employeurs ayant plus de 10 employées ou employés procèdent à une analyse structurée de l’équité salariale pour voir à ce que leurs pratiques de rémunération cadrent avec les exigences en matière d’équité salariale, qu’ils établissent un programme d’équité salariale et qu’ils procèdent à tous les rajustements qui s’imposent. Les programmes doivent être révisés tous les cinq ans et le personnel syndiqué et non syndiqué des grands lieux de travail doit participer à leur établissement et à leur mise à jour.

La Loi sera mise en application par un commissaire à l’équité salariale relevant de la Commission canadienne des droits de la personne (CCDP).

Toutefois, nous n’avons pas fini d’attendre. Les syndicats et les spécialistes de l’équité salariale ont signalé bon nombre de lacunes du projet de loi qui n’ont pas été comblées avant son adoption. La nouvelle loi n’entrera en vigueur qu’une fois que son règlement d’application aura été établi et que le commissaire à l’équité salariale aura été nommé. Cela peut donc prendre encore quelques années avant que les femmes voient une vraie différence dans leurs chèques de paye.

Le gouvernement fédéral doit :

  • collaborer avec les syndicats et les employeurs à l’établissement du règlement sur l’équité salariale dans un délai opportun;
  • s’assurer que le règlement élimine toute échappatoire permettant à un employeur de se dérober à ses obligations;
  • adopter des mesures assurant la transparence salariale, y compris une obligation de déposer des programmes d’équité salariale et des renseignements détaillés sur la rémunération des membres de tous les groupes recherchant l’équité;
  • s’assurer que le service du commissaire à l’équité salariale dispose de fonds suffisants pour mettre la loi à exécution et tenir les employeurs responsables

Les femmes du Canada en ont assez d’attendre l’élimination de la discrimination salariale. Il est plus que temps de reconnaître la valeur du travail des femmes, de combler l’écart salarial et de voir à ce que l’équité salariale soit la règle. Ajoutez votre voix à l’appel.

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