February 27, 2018
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Réglons la crise des services de garde à l’enfance

La pandémie de COVID-19 a mis en évidence à quel point notre économie dépend des services de garde à l’enfance. Les écoles, les camps et la plupart des installations de services de garde ont dû fermer. Les parents ont dû assumer la lourde charge des soins non rémunérés, tout en conciliant leurs obligations professionnelles rémunérées à la maison ou dans les services essentiels. Certains parents sont également confrontés à une perte inattendue d’emploi ou à une réduction de leurs heures de travail. Aucune solution ne se profile à l’horizon.

Les familles partout au Canada étaient déjà confrontées à une crise des services de garde à l’enfance. Aujourd’hui, en pleine crise sanitaire mondiale, et compte tenu de la menace imminente d’une deuxième vague à l’automne, les parents ont du mal à gérer la situation.

Toutes les familles méritent de pouvoir aller travailler en sachant que leurs enfants sont en sécurité et qu’on prend bien soin d’eux.

Nous avons besoin de leadership au niveau fédéral. Une solution immédiate à la crise des services de garde à l’enfance s’impose.

Les services de garde à l’enfance sont une question de justice économique pour les femmes

L’accès à des services de garde de qualité à un prix abordable est une question de justice économique pour les femmes. Soixante-dix pour cent des enfants de moins de cinq ans ont des mères qui travaillent à l’extérieur de la maison. Les services de garde permettent aux femmes de décrocher un emploi acceptable et de subvenir aux besoins de leur famille. Les femmes peuvent ainsi mener une carrière et parfaire leur instruction ou acquérir des compétences.

Plus de 900 000 parents ayant des enfants de moins de 12 ans ont perdu leur emploi. Bon nombre d’entre eux ont perdu plus de 50 % de leurs heures de travail depuis février. Les mères ont perdu plus de la moitié (56,7 %) de ces heures. La reprise économique est amorcée, mais les femmes accusent un recul en termes de croissance d’emploi.

La crise est bien réelle

Avant même la COVID-19, il existait de sérieuses lacunes en matière de services de garde à l’enfance. Seulement 25 % des enfants de moins de cinq ans y avaient accès. De plus, le coût de ces places était astronomique. Le Canada compte parmi les pays où le coût des services de garde est le plus élevé. En moyenne, les chefs de famille monoparentale consacrent 32 % de leur revenu aux services de garde – c’est souvent plus qu’ils ne consacrent au logement.

Les parents d’enfants en bas âge ou avec des besoins spéciaux ont plus de difficulté à trouver des places. C’est difficile aussi pour les parents autochtones, des communautés rurales ou des communautés du Nord. Les options des parents qui travaillent par quarts ou qui ont des heures atypiques sont presque inexistantes. ELes femmes racialisées et immigrées sont plus susceptibles d’être coincées dans des emplois à bas salaires, à temps partiel et précaires. Le coût élevé des services de garde et le manque de places leur laissent encore moins de choix.  

Rôle parental pendant une pandémie

Cette crise a durement frappé les parents qui travaillent. Les familles ne devraient pas avoir à choisir entre le travail et le bien-être de leurs enfants. La pandémie de COVID-19 a mis en évidence les attentes de la société par rapport à chaque sexe. Les femmes effectuent souvent la plus grande partie des responsabilités de prestation de soins.

Les parents ont du mal à gérer la situation. La personne chargée des soins travaille deux fois plus, voire même trois fois plus, pour maintenir le ménage à flot. Beaucoup font l’école à la maison tout en essayant de s’occuper de leurs responsabilités professionnelles. Le travail de soutien affectif d’une famille en période d’incertitude et de stress est considérable.

Nous pouvons régler la crise des services de garde à l’enfance

Sans des services de garde sécuritaires et abordables, les femmes ne pourront pas retourner au travail. Le plan de relance économique du Canada doit comprendre une solution pour résoudre la crise des services de garde à l’enfance.

Avant la pandémie, le gouvernement fédéral y travaillait. Il avait mis en œuvre de nouveaux accords sur l’apprentissage et la garde des jeunes enfants avec les provinces et les territoires. Dernièrement, il s’est engagé à affecter 625 millions de dollars pour les services de garde à l’enfance. Le gouvernement fédéral va devoir accroître les fonds affectés aux services de garde à l’enfance à au moins 1 % du PIB. C’est là le repère international utilisé par des organismes internationaux.

Prenons-nous-y bien

Vous connaissez certainement une personne – une amie, un parent, une collègue de travail ou vous-même – qui vit des difficultés en ce moment.

Personne ne devrait pas avoir à choisir entre le travail et le bien-être de ses enfants. Les femmes ne devraient pas avoir à quitter leur emploi ou à reporter leur entrée sur le marché du travail parce qu’elles doivent s’occuper de leurs enfants.

Le gouvernement fédéral doit collaborer plus étroitement avec les provinces et les territoires. Ainsi, le secteur des services de garde à l’enfance pourra rouvrir en toute sécurité. De plus, il est temps de bâtir un système de services de garde de haute qualité, abordable et inclusif. Sans un tel système, il ne peut y avoir de reprise économique.

Cela nécessite :

  • Un financement ciblé immédiat pour aider à stabiliser les services de garde à l’enfance réglementés et à assurer une réouverture sécuritaire et complète, en augmentant l’engagement initial de 625 millions de dollars en transferts fédéraux à 2,5 milliards de dollars;
  • Des transferts accrus au fil du temps pour aider le Canada à adopter un système entièrement financé par l’État, en collaborant avec les provinces, les territoires et les communautés autochtones afin d’assurer des services de garde à l’enfance de qualité, accessibles, abordables et inclusifs pour toutes les familles;
  • Établir un Secrétariat de l’apprentissage et la garde des jeunes enfants au niveau fédéral;
  • Adopter une nouvelle loi fédérale qui donne à tous les enfants le droit à des services d’éducation préscolaire et de garde à l’enfance de haute qualité et qui veille à ce que les provinces et les territoires utilisent les fonds octroyés pour la garde à l’enfance pour atteindre des objectifs précis.


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